inscription du Grand Magal de Touba au patrimoine culturel du Sénégal
L’essence du mouridisme, c’est sa souveraineté et son indépendance. C’est ce qui le distingue fondamentalement des autres organisations religieuses ou sociales dans le monde. Depuis plus d’un siècle, aucune puissance ni nationale ni étrangère n’a jamais réussi à influencer son mode de fonctionnement ni à lui imposer une idéologie extérieure.
Mais aujourd’hui, alors que nous nous ouvrons davantage au monde, notamment avec l’inscription du Grand Magal de Touba au patrimoine culturel du Sénégal, et peut-être bientôt à celui de l’UNESCO, ne devrions-nous pas nous interroger ?
Bien sûr, je ne dis pas que l’ouverture au monde ou la reconnaissance de l’UNESCO est forcément une mauvaise chose. Elle peut même permettre de faire connaître la richesse de notre culture au reste du monde. Mais la question est : à quel prix ? Et avec quelles garanties que notre modèle restera intact ?
Est-ce que cette reconnaissance extérieure, aussi prestigieuse soit-elle, ne risque pas à long terme d’affaiblir notre indépendance, notre souverainisme, et notre attachement profond à la culture mouride et islamique ?
Car en général, des organisations comme l’État ou l’UNESCO même sous couvert de partenariat ou de valorisation culturelle ont tendance à vouloir imposer, doucement mais sûrement, leur vision du monde, leurs normes, leur idéologie.