Politique

Comprendre les enjeux entre Ousmane SONKO et Bassirou Diomaye Faye

Beaucoup comparent la fonction présidentielle de Bassirou Diomaye Faye avec celle de ses prédécesseurs. Mais il y a une différence majeure…

Par Fallou Bousso

comprendre les enjeux entre Ousmane SONKO et Bassirou Diomaye Faye

Dans l’actualité politique actuelle, beaucoup comparent la fonction présidentielle de Bassirou Diomaye Faye Faye avec celle de ses prédécesseurs comme Léopold Sédar Senghor ou Abdoulaye Wade. Mais il y a une différence majeure : les anciens présidents ont construit leur légitimité en tant que leaders, en formant leur parti et en développant une base politique solide avant d’accéder au pouvoir. Même si ces présidents ont parfois trahi certains de leurs alliés puissants une fois élus, ils avaient fait la majeure partie de leur parcours eux-mêmes et disposaient d’une autorité réelle et indépendante. On se souvient par exemple de Senghor qui a fini par emprisonner Mamadou Dia, alors qu’ils étaient proches, ou d’Abdoulaye Wade qui a exclu Idrissa Seck après avoir été alliés. Diomay Faye, en revanche, n’a jamais exercé de fonctions électives ou exécutives importantes : ni maire, ni député, ni ministre, ni directeur général d’une grande organisation. Son accession au pouvoir repose entièrement sur l’appui d’Ousmane Sonko ,ce dernier a fourni les parrainages nécessaires pour sa candidature, financé indirectement sa campagne grâce aux contributions de ses partisans, et l’a présenté au public sous le slogan diomayemooysonko C’est aussi Sonko qui a parcouru le pays pour convaincre les Sénégalais que voter pour Diomay, c’était voter pour Sonko.

Il faut rappeler que les mêmes personnes qui font croire à Diomay qu’il peut gouverner sans Sonko étaient celles qui se moquaient de lui lorsqu’il a été choisi comme président. Ils disaient qu’il n’avait ni le charisme, ni la personnalité, ni le profil pour être président, allant jusqu’à affirmer que cela serait honteux qu’il représente le Sénégal devant des présidents comme Emmanuel Macron ou Donald Trump. Pourtant, malgré ces critiques, Diomay a été élu à 54 % des voix grâce à la mobilisation et la confiance des partisans de Ousmane Sonko.

Il faut donc comprendre que Diomay ne possède pas de base politique autonome. La plupart des mairies et des députés qui composent l’Assemblée nationale sont des alliés fidèles de Sonko, ce qui signifie que Diomay ne contrôle ni les structures locales, ni les représentants élus. Comparer la relation entre Diomay et Sonko à celles des anciens présidents et leurs premiers ministres serait donc une erreur . Diomay ne peut se permettre de gouverner seul, et toute initiative qu’il prend sans consulter Sonko risque d’affaiblir sa position et de trahir la confiance de ceux qui ont voté pour lui sur la base du projet présenté par Sonko.

Dans ce contexte, l’opposition de #OusmaneSonko est légitime. S’il constate que Diomay prend des décisions contraires au projet vendu aux Sénégalais, il doit intervenir pour rappeler ce projet et protéger les engagements pris durant la campagne. Rappelons que c’est Sonko qui a choisi Diomay, qui l’a garanti devant le peuple, et qui a promis de l’accompagner et de veiller à ce que ses promesses soient respectées. Ces derniers temps, certaines décisions de Diomay, notamment sur la justice et la transhumance, montrent qu’il s’éloigne de ce projet. Un président responsable doit gouverner en cohérence avec ce pour quoi les citoyens ont voté. Si Diomay ne croit plus à ce projet, il doit le dire clairement au peuple et présenter un nouveau cap, laissant les Sénégalais juger de cette nouvelle orientation

la relation Diomay–Sonko est unique et ne peut être comparée aux dynamiques des anciens présidents et premiers ministres. Ousmane Sonko détient la base politique, les mairies, les députés et surtout l’adhésion populaire. Sans son soutien, Diomay n’a pas la légitimité ni les moyens pour gouverner seul. Toute analyse sérieuse de la légitimité et de l’autorité de Diomay doit prendre en compte cette réalité fondamentale